[i553]
DF, LA VILLE DE PARIS.
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CCCCVL — Lettres missives du Roy. —- Cent mille livres demandez par le Roy à la Ville.
Reçues lo 25 septembre i553. (A fol. 66 r°; B fol. 232 v0.)'1'
Du xxv" Septembre m v° lui. Ont esté ce jourd'huy receues Lettres du Roy, dont la teneur ensuit.
21 septembre. De par le Roy.
"Trés chers et bien amez, l'urgente necessité de no/, affaires est telle que la voyez, et le besoing si grand de recouvrer promptement denier pour l'en­tretenement de noz forces et deffences de nostre Royaulme que cela nous a contrainct, pour ne fouller plus avant nostre peuple, de vous avoir encores der­nierement vendu le revenu de noz greniers de Joigny et Vezelay, pour sur icelluy constituer rente aux par­ticuliers à l'equipollcnt des deniers qu'i pourroient fournir, jusques à la somme de cent mil livres oultre et par dessus les troys cens mil livres que ja ont esté par vous fournys. Et pour ce que nous avons faict estat asseuré de lad. somme de cent mil livres et que nozd. affaires sont si pressez qu'ilz ne peuvent porter aucune dilation du payement d'icelle;
"A ceste cause, nous vous prions et neantmoings ordonnons par la presente faire dilligence extreme de la recouvrer sur les plus aisez et qui plus commode­ment pourront fournir deniers, comprenant en ce les gens de nostre Court des Aydes, generaulx de noz Monnoyes, les vefves de noz Officiers, soit de nostre Court de Parlement, Chambre de noz Comptes ou autres, ensemble les vefves de noz aînez et feaulx No­taires et Secretaires, eulx et les Notaires de nostre
Chastellet, les Officiers de nostred. Ville et tous autres qui n'auront fourny au parfaict de lad somme de iii c. mil livres, voullans que là où il y auroit aucuns des susd, [qui fussent] reffusans payer les taxes par vous faittes, que vous en adressez à nostre amé et feal Conseiller et Gentilhomme ordinaire de nostre Chambre, le seigneur Du Bois Daulphin, pour en faire faire les conlrainttes suyvant le povoir que pour cest effect luy en avons baillé.
"Au reste, pour ce que nous avons faict estat cer­tain de deux cens mil livres tournois des rachaptz des rentes pour le mois prochain, vous y ferez telle dil­ligence qu'ilz puissent estre recouvert? à la fin de ce moys; et advertissez souvent les gens de nostre Conseil estably près la personne de nostre trés chere et trés aniée Compaigne la Royne'2', de la dilligence qui y aura esté et sera faitte et des deniers qui en seront provenuz, à quoy n'y ferez faulte : car tel est nostre plaisir.
"Donné au camp de Fervaques'3', le xxi° jour de Septembre mil vc lui. n
Signé : HENRY. [Et au dessoubz] : De Laubespine.
(B vol. 233 v°.) Et au doz est escript :
A noz trés chers et bien amez les Prevost des Marchans et Eschevins de nostre bonne Ville et Cité de Paris. Receues le xxve jour de Septembre 1553.
CCCCVII. — Lettres escriptes de par la Ville à Monseigneur le Cardinal de Tournon
POUR LES AFFAIRES o'iCELLE, DONT LA TENEUR ENSUIT. 26 septembre 1553. (B fol. 232 r°.) <-)
Monseigneur, "Nous avons regardé pour plus promptement se­courir le Roy en ses affaires et pour avoir, le. moien de luy fournir les cent mil livres qu'il nous a de­mandez puis naguieres, qu'il est expédient avoir unes lettres patentes dud. S-"r pour réitérer les deffances
cy devant faittes aux notaires et tabellions de ne re­cepvoir aucuns contractz de constitutions, transportz ou rachaptz de rentes, sinon à la charge d'apporter les deniers en l'Hostel de ceste Ville es mains du Receveur d'icelle; et aussy par autant que ces jours passez nous ont esté apportez aucuns placardz trou-
;i) Dans le Registre B, ces Lettres sont intercalées entre nos articles CCCCVII et CCCCVIII.
(2)   Catherine de Médicis exerçait la régence, mais de nom seulement, depuis l'année i552 qu'elle en avait été investie, lors du départ du Roi pour la campagne des Trois-Evéchés.
(3)   Fervacques, chef-lieu de canton en l'arrondissement de Douay (Nord).
(4)   Au Registre, co document est intercalé entre nos articles CCCCV et CCCCVL
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